Aujourd'hui j'ai pris mes cliques et mes claques et je suis partie voir la mer à Castiglioncello, près de Livourne. Dans le train de 7h28, un croissant à la pistache dans le bec, je repense à ma folle journée du 14 juillet. Vous voyez les dessins pour enfants où l'on devait relier les points entre eux ? Oui ? Non ? Ne se prononce pas ? Et bien c'est grosso modo ce que j'ai ressenti tout au long de ce jour de fête nationale. Le matin, au travail, alors que je m'en allais chasser de l'information armée de mon sourire et de mon accento francese, une collègue me parle du magnifique village de Domme en Dordogne que j'ai découvert avec Simon en octobre dernier. Elle me parle aussi de la voie verte de Sarlat - Cazoulès que j’ai également faite avec le Monsieur cité plus haut. Ce n’est pas grand chose vous allez dire, mais ça m’a réjouit de parler de Sarlat et de Domme dans un bureau biscornu de Florence. Un lien s’est créé avec cette collègue et en plus, je suis repartie avec mon petit baluchon rempli de précieuses informations.
Je redescends nel mio ufficio, j'ouvre le CV d'une étudiante et que vois-je? "International experience: cultural exchange of 5 weeks. Intensive French course at CAVILAM French Alliance" Alors là je crois que j'ai laissé échapper un "oh bah putain" à voix haute tellement j'étais enthousiaste de voir apparaître un lieu connu et riche en souvenirs dans un environnement encore tout nouveau dans mon esprit. D’ailleurs il faut que je décore un peu mon bureau.
Deux minutes après, Manila m'envoie un message car elle a deux invitations pour assister à la réception du 14 juillet donnée par le Consul de France à Florence. C'est déjà le feu d'artifice dans ma tête. J'avais déjà un emploi du temps postméridien (première fois que j'utilise ce mot) assez serré mais on trouve toujours le temps pour une coupe de champagne. En effet je dois : - prendre un café avec les artistes qui travaillent dans l'espace collaboratif de la cour de mon immeuble - prendre un deuxième café avec ma propriétaire - je me suis inscrite à une visite guidée "Firenze coloniale" Et puis donc j'ai la réception au Consulat. Et enfin Manila m'a invitée à un apericena secret. Ça fait beaucoup, j'ai l'impression de vivre 30 journées en une mais l'adrénaline ne me déplaît pas alors profitons-en tant que j'ai de l'énergie.
La visite guidée était super intéressante, il faut que j'approfondisse le sujet et surtout que j'en refasse d'autres car ils ont une approche de la médiation qui me plaît. Ci-dessous une photo de la place Adoua, nom qui fait référence à une célèbre bataille entre l'Empire ethiopien et le Royaume d'Italie, ainsi qu'une peinture illustrant le point de vue éthiopien.
Je n'ai malheureusement pas pu suivre la visite jusqu'au bout mais cela tombait bien car le parcours nous faisait passer par la Piazza Ognissanti, là où se trouve justement le Consulat où je devais me rendre juste après. Vous les voyez les points qui se relient? Oui ? Non ? Ne se prononce toujours pas ?
Manila arrive à vélo, je m'échappe plus ou moins discrètement de la visite et je chausse mes talons blancs. C'est bon je suis en bleu blanc rouge. Nous arrivons dans le cloître - encore un - et je croise la bibliothècaire de l'IF qui se souvient bien de moi et à qui je présente Manila. Nous croisons ensuite une autre personne de l'IF qui avait été également très sympa avec moi et, surprise, Manila la connaît aussi ! Cela n'est pas si surprenant puisque Manila s'était inscrite à un cours de français et avait donc côtoyé un peu le personnel de l'IF mais assister à la formation de ce triangle de connaissances franco-italiennes m'a réjouit.
Allez, on s'éclipse, c'est déjà / enfin l'heure de l'apéro secret. On traverse le centre de Florence à vélo, nous avons rendez-vous en bas d'un immeuble à deux pas de chez moi. C'est mystérieux, je ne sais pas où Manila m'emmène... La porte finit par s'ouvrir, nous entrons dans un appartement, nous empruntons des escaliers très raides et là, Florence ovunque. Je regrette de ne pas avoir des yeux de caméléon pour pouvoir regarder partout en même temps.
Je rencontre pleins de personnes chouettes, je sens que mon italien est légèrement moins haché. On parle de Paris, de la langue française. Un ami de Manila me dit qu'il n'a jamais réussi à prononcer correctement"vingt" "vin" et "vent". Je lui parle de ma difficulté à traduire en italien notre "en fait", tic de langage que je place au début de toutes mes phrases, comme ma soeur et comme ma nièce de 7 ans et mon neveu de 3 ans. Le duomo a mis sa tenue de soirée, Florence nous entoure. A nouveau, les étoiles qui apparaissent dans le ciel m'évoquent les dessins de points à relier de notre enfance.