Je vous écris du Jardin des Roses. Il y a parfois des lieux qui vous appellent sans que vous ne sachiez vraiment pourquoi. Chaque soir ou presque, je grimpe la Via del Monte alle Croci, je tourne la tête à gauche dans l’espoir de voir mon chat florentin préféré, puis je franchis la grille et je m’évade. Au loin le Dôme, tout près la sculpture du chat de Folon qui m’émeut toujours autant. Sans vraiment savoir pourquoi.
Depuis mon dernier article, beaucoup de choses se sont passées. L’envie d’écrire m’est venue de nombreuses fois et je regrette de ne pas avoir pris ma plume plus souvent. Tout d’abord, mon père a découvert Florence. Ensuite, j’ai trouvé un travail. Enfin, je n’ai pas de enfin. Mon père est resté une dizaine de jours et nous avons donc mangé une dizaine de glaces. Sienne, Lucca, Santa Croce, Gli Uffizi, Piazza Michelangelo, Jardin des Roses, Jardin Bardini, Duomi, apericena, Spritz, pici, lampredotto, cannoli de Gino, bistecca fiorentina et concert de jazz. Tu vois autre chose Papa? Sûrement, ce séjour a été tellement intense, aussi bien physiquement que psychiquement.
C'est pas fini.
Il y a, dans les familles qui s’aiment, des énergies, des vibrations qui communiquent entre elles et vous inondent de la tête au pied. Je pense que si quelqu’un m’avait effleurée le bras quand mon père était là il aurait reçu une décharge électrique. Ou il se serait transformé en crapaud. Ce voyage a été particulier. Beau et triste à la fois. Une autre réalité. Tout est comme ça désormais. C’est peut-être pour cela que j’ai mis du temps à écrire ce nouvel article.
J’ai continué mon bénévolat au Jardin des Roses et à la Piazza dei Ciompi. Mon carnet de vocabulaire italien est rempli de mots comme « tailler » « rempoter » « râteau » « sécateur ». Lexique à part, ces moments m’ont remplie de joie et de sérénité. Malheureusement, avec mon nouveau travail, je ne pourrai plus jouer à la paysagiste en herbe (marrante cette expression dans ce contexte) mais j’espère pouvoir y retourner de temps en temps et revoir mes nouveaux copains florentins.
Depuis lundi 26 juin, je travaille pour une école internationale spécialisée dans les arts, la langue et la culture italienne. Je vais m’occuper de coordonner les stages que choisissent de faire certains étudiants au sein de structures engagées, que ce soit d’un point de vue économique, social ou culturel, dans la vie locale florentine. Saupoudrez-moi tout ça d’une bonne dose d’interculturalité et vous obtenez un emploi du temps chargé mais riche en rencontres et en émotions. J’arrête là, on est pas sur Linkedin ici.