64. Cinéma, jardin clos et fresque

Cet article va partir dans tous les sens. 
D’une, parce que je suis malade et j’ai déliré toute la nuit, de deux, parce que j’ai beaucoup de choses à raconter mais il n’y a pas vraiment de fil conducteur si ce n’est les pérégrinations de mon cerveau.
J’ai envie d’écrire sur deux choses : les vacances de Noël et Peau d'Âne.
Je vous avais bien dit que ça allait partir dans tous les sens.
Ci-dessous, photo contractuelle de Capri.
Note pour moi-même pour plus tard : toujours écrire sur l'instant. 

Allez, commençons par Peau d'Âne.
Ils l’ont diffusé jeudi dernier à l’Institut français et j’ai beaucoup pleuré. Cela n’étonnera guère ceux qui connaissent mon amour pour ce film et pourtant je vous assure que c’était bien la première fois que je pleurais devant le générique d’ouverture, la chanson du prince et le générique de fin. Je l’avais commencé chez ma sœur pendant les fêtes, après un bœuf bourguignon et une galette des rois mais, mis à part le frisson habituel aux premières notes de la fugue de Michel Legrand, les larmes ne me sont pas montées aux yeux.
Alors après la projection, je me suis demandée pourquoi ce film me touchait autant, pourquoi, quand je le regardais je ressentais un bonheur immense et à la fois beaucoup de tristesse. Jeudi, je crois que j’ai compris que mon entière imagination venait de ce film. Il a tissé toutes les fibres de mon cerveau. Appuyez sur “play” et c’est toute une forêt qui s’illumine là-dedans. Enfin, c’est l’image que j’en ai.
Faire face à l’origine de ses rêves, de son imagination, est un déchirement. C’est comme se regarder trop longtemps dans le miroir. Trois minutes pour se ravaler la façade on gère mais essayez de vous regarder pendant 15 minutes sans cligner des yeux et vous m’en direz des nouvelles.
Le voir à Florence, la ville où j’ai dû renaître et où j’ai fermé la porte de mes souvenirs d’enfance, a sans doute provoqué en moi cette émotion forte, douloureuse mais nécessaire, triste et heureuse.
Heureuse, je le suis. Heureuse et amoureuse. 
Qu’est-ce-qu’elles étaient belles ces vacances de Noël. La rencontre des vies que j’ai eues et de celle que je mène aujourd’hui. La rencontre des gens que j'aime. L'Italie en France, la France en Italie. Encore un joyeux bordel dans mon cerveau. J’ai inventé un paquet de mots italiens rigolos comme barbonieri, camioni, bollalatte qui ont beaucoup fait rire Matteo.

Se replonger dans Paris a été plus simple que ce que je pensais. La ville nous a ouvert ses bras et nous a laissés crapahuter dans ses arrondissements. Le brouillard véronais m’a paradoxalement apporté chaleur et douceur. Le retour à Florence fut étrange. J’étais presque intimidée de marcher de nouveau dans les rues, de revoir le Dôme. Cette ville continue de m’observer et de m’aspirer. Troisième mois de janvier ici. Par curiosité je suis allée relire l’article de blog que j’avais écrit le 25 janvier 2023. Je parlais de cinéma, de jardin clos et de fresque. Hier, avec Matteo, nous sommes allés nous promener du côté de Bellosguardo. En marchant, nous avons parlé de cinéma. En grimpant sur un muret, j’ai découvert un jardin clos. En se dirigeant vers le Bar dell’Angolo per l’aperitivo, nous avons observé la fresque La vita a Firenze nei secoli.
Peut-être qu’ils se cachaient là les fils conducteurs.

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