47. La côte amalfitaine

Le ventre bien rempli de la veille, nous sortons de notre logement assez tôt pour retrouver le minibus censé nous conduire sur la fameuse côte amalfitaine. 
Ah, rien que d'entendre ce nom, ça fait rêver... La côte amalfitaine, joyau de l'Italie du Sud, s'étend de Sorrento à Salerno. Entre ces deux bourgades se trouvent Positano et Amalfi. 
Alors, ça vous donne pas le limoncello à la bouche tous ces noms ? En tout cas nous si, et nous avons hâte de pouvoir enfin découvrir ce lieu que nous devions visiter en 2021. Pour plus de simplicité, nous avons opté pour une excursion organisée. On aurait pu y aller par nos propres moyens mais on avait un peu la flemme d'éplucher les horaires des trains, des bus. A cela se serait ajouté le stress de "le bus va jamais passer". 
Au programme de cette journée : Sorrento, Positano et Amalfi. Déjeuner inclus. 
Arianna la guide nous accueille avec un grand sourire et nous partons tous gaiement vers la côte, en faisant un coucou au Vésuve en passant. Malheureusement, le temps est un peu couvert quand nous arrivons à Sorrento. 
Arriana propose de déguster du limoncello dans une boutique mais nous préférerons quitter le groupe pour profiter tranquillement de la ville. C'est très calme, les commerçants se reposent avant la saison haute. Nous marchons vers la villa communale pour aller faire coucou à la mer. Une dame lit un livre en compagnie d'un pigeon blanc ou colombe pour les snobs. Je l'observe pendant que Sophie fait pipi et nous reprenons notre route vers le point de rendez-vous. Nous en profitons pour faire la colazione. Je prends un cappuccino et une sfogliatella riccia, Sophie un thé et un croissant au chocolat. J'adore faire le petit-déjeuner. Surtout en Italie. 
La guide nous retrouve le bec plein de sucre glace et nous repartons vers Positano. Les nuages laissent progressivement la place au soleil, les lignes droites aux virages sinueux. La route devient en effet de plus en plus étroite. A l'origine, nous avions pour projet de louer une voiture pour découvrir la côte, quelle bonne idée de se faire conduire par un chauffeur napolitain à la place ! Certains virages nous rappellent le Pérou mais au moins ici les routes sont goudronnées... Bien que nous soyons un peu tendues du slip - excuse my French - les vues sur la mer Tyrrhénienne sont à couper le souffle. Encore quelques épingles à cheveux et nous voilà à Positano, bien calme en ce mois de février. Le citron y règne en maître que ce soit sur les arbres ou sur les magnets des boutiques touristiques. Nous descendons un petit chemin recouvert - on l'imagine - de glycines et de bougainvilliers à la belle saison et nous arrivons sur la plage après avoir dit bonjour à quelques chats.
Positano est beaucoup plus étagée que Sorrento. Nous nous promenons sur la plage de sable noir volcanique quelques instants. Je teste un bateau et Sophie, comme à son habitude, salue la mer. 
Il est déjà l'heure de repartir vers notre dernière étape : Amalfi. 
La route est toujours escarpée, comme c'est impressionnant tous ces petits lacets qui viennent chatouiller les falaises ! Nous arrivons au petit village éponyme, réputé entre autres pour sa production de citron. La rue principale est bien mignonne avec ses cafés, ses restaurants et sa cathédrale arabo-romane. Nous grimpons la voir, malheureusement elle est fermée. Nous nous contentons de son ravissant cloître.  
Nous nous promenons dans ses petites rues. Sophie attrape une focaccia au passage et moi un cannolo à la pistache. Nous les dégustons sur la plage en profitant du soleil. 
Il est déjà l'heure de repartir... Nous serions bien restées toute l'après-midi au bord de l'eau. Notre guide nous amène dans un restaurant situé un peu plus dans les terres. Nous mangeons rapidement des pâtes aux aubergines et un dessert à base de ricotta. 
Allez, cette fois-ci il est l'heure de dire au revoir à la côte. Nous retrouvons la baie de Naples sous une lumière douce de fin d'après-midi. Nous remercions Arianna et repartons vers notre logement pour une petite pause avant d'explorer le quartier de la Sanità. Dans ce quartier - où il ne fait apparemment pas bon de traîner la nuit - se trouve deux palazzi notables : le palazzo dello Spagnolo et le palazzo San Felice. Nous débutons notre découverte de ce quatier par la via Vergini. Fruits, légumes, vêtements, on y trouve de tout. Ce quartier nous explose à la figure, comme Naples a pu le faire lors de notre premier jour. Les scooters sortent de tous les coins, ça braille, ça négocie, on ne sait plus où donner de la tête. Les bâtiments semblent encore plus délabrés que dans les autres quartiers, on a du mal à trouver nos deux palazzi. Ah ça y'est, en voilà un ! 
Le beau palazzo dello Spagnolo fut habité au 19e siècle par un noble espagnol réputé pour son excentricité. La cour intérieure nous offre quelques secondes de tranquilité avant de retourner dans les rues bouillonnantes de la Sanità. Le deuxième palazzo se trouve non loin du premier et affiche un style similaire : 
Ce palazzo fut construit au 17e siècle pour Ferdinando Sanfelice, un noble napolitain connu lui aussi pour ses extravagances en matière architecturale. 
La Sanità, tu nous laisses sans voix ! C'est comme si on était montées dans un carrousel fou sans le vouloir. Les scooters continuent leur défilé incessant, et nous tentons tant bien que mal de sortir de ces rues agitées. Au passage, nous apercevons de belles oeuvres de street art de l'artiste Tono Cruz. Celle-ci représente Totò et Peppino, deux comiques italiens. 
Une dernière photo d'une cour intérieure avec un scooter et un autel. Naples, en somme. 
Pour sortir de la Sanità, nous devons prendre un ascenseur pour retrouver la via Toledo qui se situe quelques mètres plus haut. Mais, a quel moment sommes-nous descendues ? That is the question. 
Nous sommes toutes remuées de notre tour de manège, il est grand temps de prendre l'apéritif. Nous trouvons un lieu magnifique, caché dans un palazzo renaissance qui fut le siège de l'ambassade de Venise dans le royaume de Naples pendant 400 ans. Une dame joue du piano, les gens sirotent leur Spritz au milieu d'une végétation luxuriante. Ce décor me fait penser au film Entretien avec un vampire. J'adore, j'ai déjà envie d'y retourner alors que ça ne fait même pas cinq minutes que j'y suis. Nous buvons un Spritz pour changer. 
Nous finissons cette belle journée par un magnifique repas chez Sorbillo, une pizzeria mythique de Naples où le pape Francesco a même béni la pizza Margherita. Nous devons faire la queue bien sûr, mais cela ne nous dérange pas trop. On a juste peur de ne pas comprendre notre nom au micro. "T'es sûre il a pas dit Angela là?" 
Au bout de quarante minutes (oui ça peut paraître long mais on trouve toujours des trucs à se dire avec Sophie alors c'est passé crème) la Mamma nous appelle. Nous prenons place dans cette pizzeria à la décoration soignée. Les pizze sont aussi grandes que nos premiers appartements parisiens. On se régale. 
Le ventre plein, nous allons nous coucher dans notre petite cave napolitaine.
Bonanotte, comme ils disent.  

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