35. Gli Uffizi

Au vu de mon non-planning de travail, dans le sens où je dois être disponible 7/7 pour les réservations de dernière minute (je vous laisse seul juges de cette clause de mon "contrat" de bénévole...) je ne pensais pas avoir l'opportunité de visiter les Offices pendant ce volontariat. 
Les Offices, c'est l'équivalent du Louvre, du MOMA, du musée du Vatican, du British Museum... Bref, on ne le visite pas en 1h30, ni même en 48h à vrai dire. Alors j'ai parié sur le fait qu'il n'y aurait pas de last-minute check-in pour le dire en bon français. Un mardi de janvier, peu de chance d'accueillir des visiteurs. 
Je ne déroge cependant pas à ma routine quotidienne et passe la matinée dans le salon de l'hôtel à faire de la veille professionnelle et à écrire un article de blog. Midi sonne (ce n'est pas une image hein, j'entend vraiment les cloches de toutes les églises de la ville), toujours pas de message de la boss, je prends donc mon billet pour une visite guidée à 15h. Certes je paye plus cher, mais rien ne vaut une visite guidée. L'idée de découvrir Gli Uffizi me rejouit et je décide de continuer mes tâches studieuses de la matinée dans le café où nous sommes allées avec Taylor. 
Je l'aime trop ce café. Il s'appelle Ditta artigianale. Il y en a plusieurs à Florence. Ils passent de la bonne musique en plus. De la musique qui motive. En plus ils ont pris soin d'écrire mon prénom correctement. Sont trop mignons. 
J'y reste une heure, repasse à l'hôtel, attrape un croissant à la pistache (oh yeah) et me rends au point de rendez-vous de la visite guidée. J'analyse un peu tout, par déformation professionnelle. La guide arrive, elle s'appelle Ana et elle a l'air bien sympa. Comme tous les musées d'envergure, l'accès est toujours un peu compliqué. Fouilles des sacs, vestiaire, prise en main des audiophones... Ca prend du temps. Heureusement, nous sommes un petit groupe un mardi de janvier donc... Il n'y a pas foule. 

Allez c'est tipar, la guide nous présente des oeuvres du Duecento (donc du 13e siècle, vous me suivez ?). Il y a du Giotto avec la Madonna d'Ognissanti (première photo), du Duccio, du Lorenzo Monaco avec son Adoration des mages (deuxième photo) où l'on aperçoit une femme reine mage. Et ouais, qui a décrété que ça devait être que des mecs les rois mages ?
Oh my god ça brille, c'est beau. 
Désolée, je n'ai pas les références de tous les tableaux, mes neurones faisait un pogo dans ma tête. 

Ensuite, nous sommes allés dans la salle dédiée à Boticcelli. J'ai eu un choc esthétique, semblable à celui que j'avais eu quand on montait les escaliers en direction du Parthénon avec Sophie. J'ai été submergée par l'émotion et j'ai eu envie de chialer comme un veau. Je n'ai pas pleuré mais j'en avais vraiment très envie. Au Parthénon j'avais pleuré. Toi aussi ma poule non? (Je m'adresse à Sophie)
Ce qui est beau dans ces moments là, c'est qu'on se surprend soi-même. 
Non vraiment, je ne m'attendais pas à ressentir cela devant Le Printemps de Bobo. Et pourtant. 

Mon regard faisait des allers-retours entre Le Printemps et La Naissance de Vénus, j'étais totalement bouleversée. La guide nous donne des clés de compréhension sur les deux tableaux mais elle laisse aussi le champ libre à nos propres interprétations. Elle est très bien cette guide. "Le Printemps conservera toujours une part de mystère et même si on en parlait pendant une vie entière, cela ne suffirait pas" nous confie t-elle. 
La robe de la déesse Flore m'inspire pour le mariage de ma soeur. J'viendrais peut-être comme ça Mélissa ! 

Allez, reprenons nos esprits et continuons la visite en traversant les galeries ornées de grotesques. On découvre la tribune de forme octogonale voulue par les Médicis pour rassembler les plus belles oeuvres de leur musée. Les 4 éléments y sont représentés : le sol symbolise la terre, les murs rouges, le feu, les décorations nacrées, l'eau et les bubulles de la coupole, l'air. Ce sont des coquillages (6000) venus de l'Océan Indien. Au centre, on aperçoit la Vénus de Médicis, une scuplture antique achetée par la famille Médicis pour sa villa à Rome. Napoléon l'a piquée pour son musée (futur Louvre) puis l'a rendue quand il s'est fait ramasser la gueule à Waterloo. Excuse my French. 
J'adore ces galeries. Le ciel est capricieux mais quand le soleil sort et innonde la galerie de sa lumière  c'est tout simplement magnifique. 
Nous arrivons dans la salle dédiée à Léonard de Vinci avec L'Adoration des Mages inachevée.
La guide nous invite à observer l'homme qui se tient près de Jésus et qui, bien qu'à côté de l'enfant, semble ne pas comprendre ce qu'il voit. Elle fait un parallèle avec De Vinci et sa quête impossible de compréhension de la vie, du fonctionnement du cerveau humain. La guide utilise le verbe latin "intellegere" dans le sens, aller au fond des choses, penetrare le cose a fondo. 
Enfin j'crois qu'elle a dit ça... En toute cas ça m'a subjuguée et j'ai pris des notes. 
Alors c'est qui le prochain ? Michel-Ange ?  Ok va bene. 
Ci-dessous, La Sainte Famille à la tribune (ou Tondo Doni).
Notons que c'est le seul tableau de Michel-Ange exposé en dehors du Vatican. Ce sont déjà les couleurs de la chapelle Sixtine nous dit la guide. Waouh.
On croise Titien et sa Vénus d'Urbino : 
Nous continuons et terminons notre visite avec le Caravage : 
Bon, cela ne se voit pas très bien mais la guide, en prenant une photo avec son téléphone, nous montre que dans la carafe, on aperçoit le reflet de Bacchus. Dingue. 
Je dis "grazie mille, arrivederci" à la guide et reviens sur mes pas pour profiter au maximum des Offices.
En chemin je croise Gabrielle d'Estrée et sa soeur : 
Un tableau représentant le mythe de Léda. Zeus s'est déguisé en cygne pour la violer. Une fois le mal fait, le cygne disparaît et Héra se rend compte de l'infidélité de Zeus et place deux gros œufs dans le corps de Léda d’où naîtront Hélène et Pollux, enfants de Zeus, dans l'un, et Clytemnestre et Castor, enfants de Tyndare, dans l'autre.
Je croise pour la troisième fois le porcellino et une copie de la statue grecque de Laocoon :
Hermaphrodite, tout seul et inapprochable : 
Un tableau d'une femme, peint par une femme, Angelika Kauffman : 
Un tableau représentant Cosimo I avec un habit de velours d'un réalisme saisissant :
Ah, et j'ai failli oublier Piero della Francesca et Il Doppio ritratto dei duchi di Urbino : 
Et je vous laisse en compagnie de la Madone de Filippo Lippi, le maître de Botticelli. 
Bonne visite à vous. 

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