34. Musée Bardini et papotages interculturels

Pas de message de ma boss, cela signifierait-il que je sois libre ? Il semblerait. 
Fort bien, je commence donc à réfléchir à quel musée je pourrais faire dans l'après-midi. Je m'empresse aussi d'écrire à Taylor, la volontaire américaine qui m'avait accueillie le premier jour,  pour prendre un café dans la journée. Je feuillette le Routard et ma décision s'arrête sur le Musée Bardini qui se trouve rive gauche, à 15 minutes de mon hôtel. Il tire son nom d'un des plus célèbres antiquaires italiens, Stefano Bardini, que l'on allait même jusqu'à surnommer le "prince des antiquaires". C'est un peu leur Jacquemart-André à eux. Il a vécu au 19e siècle, période où beaucoup de palais du centre-ville de Florence ont été détruits pour des questions d'urbanisme. Lui a récupéré les palais en pièces détachées et léguera son palais à la ville pour qu'elle en fasse un musée. 

Avant de partir explorer la collection de Signor Bardini, j'envoie des candidatures et discute avec Iryna, la femme de ménage qui vient tous les matins. J'essaye de maintenir cette routine, ce cadre qui me permet de structurer mes journées et de me sentir bien. C'est une expérience particulière.

Allez, il est l'heure de sortir. Et voilà que la pluie décide elle aussi de sortir de son lit. Deuxième fois que ça m'arrive. Pile quand je sors, c'est la fête à la grenouille. Pour la deuxième fois donc, je m'abrite sous un portique et attends que ça passe. Il grêle même. Et ben. Je reprends ma route au bout de quelques minutes et profite de ce temps instable pour admirer les lumières contrastées sur les bâtiments de la ville, ici sur la Piazza Santa Croce : 
Arrivée au musée, je lis les quelques informations données par le Routard en guise d'introduction et me lance dans la visite. 
"On peut être surpris par la muséographie. Il faut visiter cet endroit dans son ensemble et non comme une somme d'oeuvres individuelles". 
Très bien. 
Le rez-de-chaussée est consacré aux statues antiques. Des oeuvres d'un artiste contemporain, Emilio Maggi, se mêlent aux bustes et aux chapitaux corinthiens. J'aime bien. Les murs sont bleus, "à la manière russe", ça change. 
Emilio Maggi s'intéresse à la construction/déconstruction de soi, aux formes humaines et animales... Bref ça donne ça : 
Je retrouve le fameux "porcellino" que j'avais photographié devant le Mercato Nuovo, cette fois-ci c'est le bronze original se non mi sbaglio!
Puis je grimpe un imposant escaliers en marbre. Il y a du Donatello, du Jésus, des Vierges... La routine. Je suis surtout fascinée par les plafonds à caissons du palais : 
Il y a également une collection de tapis perses aux murs. Hitler a marché sur celui du fond quand il est venu à Florence en 1938...
Je termine ma visite par la salle des armureries, il y a une selle qui m'interpelle et une oeuvre de Maggi qui me fait penser à ma relation avec Clochette, "mon" chat. 
Bien sympa ce musée hétéroclyte ! Avant de retrouver Taylor, je longe l'Arno et je rejoins la rive droite par le Ponte Vecchio. Au passage, j'attrape un croissant fourré à l'abricot (à défaut de pistache...) et retrouve ma nouvelle copine dans un café très cosy juste à côté de l'église Sant'Ambrogio. J'y suis arrivée à 14h, on en est ressorties à 18h30. Il y en a des choses à dire sur cette expérience... 

Cette rencontre et ces échanges m'ont fait énormément de bien. Le merle que j'avais aperçu le matin me l'avait bien prédit.  

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