18. Vérone

Un pigeon est venu me dire au revoir sur le quai de la gare de Bologne ! Ciao piccione bolognese ! 
Tiens d'ailleurs j'ai appris qu'en italien l'expression "faire d'une pierre deux coups" se disait "prendere due piccioni con una fava". Hâte de l'utiliser en contexte.

Avant de prendre le train, j'ai téléchargé la chanson "Vérone" de la comédie musicale Roméo et Juliette. Pardon mais j'étais obligée. Je l'ai écoutée au moins trois fois pendant le trajet, cela m'a bien fait marrer. Un soleil d'hiver accompagne mon arrivée à Vérone.
Je me dépêche de déposer mes affaires à l'hôtel pour profiter des dernières heures du jour. Oh, je vois des montagnes au loin ! La lumière est douce, le ciel légérement rosé. Ca y'est, j'entrevois les portes de la citadelle. A moi Vérone ! 
J'ai bien fait de m'arrêter dans cette ville. Dès les premiers instants, j'ai été conquise. Le soleil a certainement contribué à ce que je m'émerveille à chaque coin de rue, encore que, c'est surtout de nuit que j'ai découvert la belle Vérone.
Premier repère : les arènes. Je les aperçois, majestueuses, sur une place bordée de maisons colorées. 
Malgré la foule, je ressens une sensation d'ouverture. À la différence de Bologne, je peux marcher la tête à l'air libre sans me retrouver écraser par une voiture. Et ça fait du bien à vrai dire. Je m'engouffre dans une petite rue où se presse tout un tas de gens. Je suis le mouvement et j'en suis heureuse. Je me laisse porter par l'énergie de la ville. L'architecture est si belle ! Les palazzi me rappellent Venise.
J'arrive à la Piazza delle Erbe, l'ancien forum romain. Tiens, le lion de Saint Marc veille du haut d'une colonne ! Une maison est recouverte de fresques du 16e siècle. Derrière elle, se dresse la Torre dei Lamberti. Elle ne penche pas celle-là. Au fond de la place, le Palazzo Maffei construit au 15e siècle. La place est un peu biscornue, les styles architecturaux se mélangent. J'aime. Je ne fais que regarder en l'air, et malgre le froid, je continue mon tour avec enthousiasme.
La nuit arrive à grands pas, je vois la pleine lune au loin, imposante et mystérieuse. 
Oh la la Vérone, tu sors le grand jeu ! 
Je visite la cathédrale, un papa et son fils joue au foot sur le parvis. C'est plus calme par ici, je peux lancer à voix haute des "oh mais comme c'est beau" "oh non mais c'est vraiment trop beau" sans que l'on me jette des regards inquiets.
Cette ville a vraiment un charme particulier. J'aimerais la découvrir au printemps (ouais parce que bon ça va deux secondes les gants et le bonnet hein) et prendre un café ou un cocktail dans tous les cafés de la via Sottoriva. J'arrive au Ponte Pietra et admire enfin le fleuve Adige. En face, sur une collinette, le teatro romano et le Castel San Pietro. Des cyprès et des pins parasol se détachent en ombres chinoises sur fond de ciel bleu nuit. Et la lune à droite. Et ben c'est beau les amis. 
Je continue mon tour, je passe devant la maison de Juliette (aucun intérêt franchement...) et traverse l'Adige par le Ponte Nuovo pour aller manger une pizza al taglio. C'était super bon, je n'imagine même pas l'ambiance dans mon estomac depuis que je suis en Italie. Il doit être content mon pépère. Oui je fais parler mon estomac, et alors ?
Je retourne tranquillement à l'hôtel en faisant un tour du côté des marchés de Noël. Ils kiffent Noël les Italiens. Je me laisserais bien tenter par un petit dessert... Un bretzel sucré? Une part d'apfelstrudel ? 
Finalement, je mange liquide : je décide de goûter un bombardino, une boisson chaude typique du nord de l'Italie à base de sabayon, brandy et crème fouettée. C'est un peu leur Irish coffee. Pas mal mais je n'ai pas le coup de foudre. 
Allez, une chambre pour moi toute seule (youpiiii !) m'attend. 
Bonne nuit et à demain belle Vérone. 

Laisser un commentaire