12. La vie à l’auberge

Après Ravenne, cet article vous semblera peut-être un peu décevant mais que voulez-vous, on ne peut pas voir des mosaïques tous les jours. En tout cas, la pluie qui m'a accompagnée tout au long du food tour aura eu raison de moi, je suis, depuis quelques jours, un peu malade. Un petit rhume qui passera vite mais si je veux rester sur un rythme de croisière jusqu'à la fin de mon séjour bolognais, je dois m'accorder une petite pause. C'est donc ce que j'ai fait, lundi et mardi, en restant à l'auberge.

Lundi 28 novembre 

Je n'ai sorti ma carcasse que pour aller boire un smoothie et manger des sushis. Ah, je suis aussi allée au cinéma ! Avec Paola, nous sommes allées voir "L'ombra di Caravaggio" avec Isabelle Hupert et Louis Garrel. Et ouais, une bonne coproduction franco-italienne à l'ancienne, ça fait plaisir. Bon, d'un point de vue linguistique, c'était peut-être pas une bonne idée d'aller voir un film qui se passe au 17e siècle mais qu'importe, j'ai à peu près compris le délire et ça m'a donné envie d'en savoir plus sur la vie assez chaotique de Michelango Merisi detto Caravaggio. 

Ensuite, j'avais rendez-vous avec Lorena (la soeur de Teresa) et ses amies pour aller manger des sushis. J'étais un peu perdue au départ, tant d'un point de vue linguistique que gastronomique, car je ne retrouvais pas mes petits California rolls saumon avocat. Pas de sushi à la bolognaise - ne vous emballez pas - mais en tout cas quelques différences qui m'ont un peu désorientée au moment de choisir ce que j'allais me mettre dans le bec. Autour de la table, Lorena, Camilla et Beatrice. Des anciennes collègues de Lorena. Camilla est roumaine, elle est en Italie depuis six ans. C'était cool (mais inquiétant) de voir que, elle aussi, elle galère encore avec l'utilisation du subjonctif imparfait. Elles ont parlé boulot, voyages, nourriture... Qu'est-ce-qu'on a mangé ! 
J'aurais vraiment dû mettre le grand angle pour réussir à prendre tous les plats en photo. Cette dernière ne représente en effet qu'un tiers de ce que nous avons commandé. Nous nous quittons Via Fossalta, Camilla me lance un "bisou" en français et je retourne à l'auberge le ventre bien rempli mais les mains gelées.   

Mardi 29 novembre 

Au fait, dimanche et lundi, je ne travaillais pas. 
Reprise du "boulot" ce mardi donc, avec la mise en place du petit-déjeuner. J'ai mis FIP radio sur ma petite enceinte et ça me fait bien plaisir. Alors que je m'apprête à plonger les oeufs dans l'eau frémissante, j'entends au loin arriver les premières notes de la "Dolce Vita" de Ryan Paris. L'envie me prend de faire quelques pas de danse mais je dois d'abord vider le lave-vaisselle. C'est fou comme les gens ne savent pas mettre les assiettes correctement. Optimisez l'espace mes p'tits poulets ! Les voyageurs arrivent, je suis ravie de rencontrer deux belges ultra sympas (généralement ça va de pair) qui restent quelques jours à Bologne. C'est vraiment marrant de se retrouver autour d'une table avec des personnes inconnues et de voir comment la conversation commence, se tisse, se transforme en rires. Chouettes moments. 

Il pleut des cordes, je décide d'hiberner un peu et de me lancer dans la création d'un guide pour les bénévoles de l'auberge. J'aime bien faire des guides, des feuilles de route. Et puis, ce sera utile pour les prochains bénévoles. J'ai pris quelques photos "type" pour illustrer les tâches que nous devons faire. 
J'alterne entre le salon et ma chambre, je vérifie de temps à autre si la cuisine est rangée... Au final, pas mal de voyageurs sont restés au chaud. Dans ma chambre, presque toutes les nanas sont sous la couette, en train de lire ou de bingewatcher une série. En nous voyant toutes élardées sur nos petits lits, Caterina, la manageuse, nous lance "on se croirait dans un hôpital !". A vrai dire, Il Nosadillo ressemble plus à une colocation géante qu'à une auberge de jeunesse. L'ambiance est vraiment chaleureuse et je commence à bien prendre mes marques. 

Vers 16h, je croise Vanessa, une espagnole de Barcelone, et nous décidons d'aller boire un verre un peu plus tard. Je propose aux Belges et à Paola et hop, nous voilà parties au bar Senza Nome, un bar qui embauche des personnes malentendantes. Pour commander, il y a des petites cartes avec le nom de la boisson ainsi que les gestes à faire si on veut s'essayer à la langue des signes. Vraiment un super endroit. On a super bien discuté et il y a de bonnes énergies féministes autour de cette table ! Nous rentrons à l'auberge vers les 10h, je nettoie un peu la cuisine et retrouve mon petit lit douillet. A moi la nuit de 8h ! 
Allez, je suis sûre que vous n'avez pas eu votre dose de "cani di Bologna" aujourd'hui. Eccoli :
Spoiler alert pour mon père : dans le prochain post, je parlerai d'Angelo Branduardi... 🎻

Laisser un commentaire